Le bâtiment

Label Patrimoine XXème siècle 

Architectes : Nicolas Michelin, Finn Geipel
Nicolas Michelin, né à Paris en 1955, est diplômé d’architecture à l’École de Paris-Conflans. En 1988, il s’associe avec Finn Geipel avec lequel il crée l’agence LAB.F.AC (Laboratory for Architecture).
L’Agence est entre autres l’auteur de la couverture des arènes de Nîmes, du théâtre de Quimper ou encore du centre dramatique de Tours.
En 2001, Nicolas Michelin crée sa propre agence d’architecture et d’urbanisme, l’ANMA (Agence Nicolas Michelin et associés), qui a réalisé le théâtre de Châtenay-Malabry ou encore la place centrale de la ville de Rennes.

Finn Geipel, né à Stuttgart en 1958, obtient son diplôme d’architecture à Stuttgart en 1984. En 1988, il crée avec Nicolas Michelin l’agence LAB.F.AC.
En 2001, il fonde une nouvelle agence, LIN, avec l’architecte Giulia Andi. Il est aujourd’hui l’une des têtes de file du courant des nouveaux fonctionnalistes.

Le contexte

Le projet d’un nouveau bâtiment est dû à l’équipe franco-allemande « LAB.F.AC » qui s’est déjà illustrée en 1988 avec la réalisation d’une structure couvrante des arènes antiques de Nîmes.
L’E.N.A.D. se trouvait auparavant sur le site du musée Adrien-Dubouché et y partageait les locaux.
Le site se trouve désormais sur le campus universitaire de Vanteaux, qui abrite également la faculté de lettres et sciences humaines, dans la périphérie sud. Le premier concours d’architecture organisé par le Service national des travaux, service nouvellement créé au ministère de la culture et de la francophonie, a porté en 1990 sur la construction de l’Ecole nationale d’art décoratif de Limoges. La demande de permis de construire a été déposée le 2 août 1991 ; les plans définitifs datent du 27 novembre 1991. L’équipement est inauguré en 1994.

L’édifice

Les architectes ont proposé pour l’E.N.A.D. de Limoges un bâtiment résolument industriel et une structure alliant béton, acier, bois et verre. Les matériaux sont bruts pour renforcer l’aspect industriel. L’ensemble est organisé à partir d’une immense halle construite en longueur, dont les élément porteurs résident dans une structure métallique. A cet espace unitaire, dévoué aux activités communes (entité institutionnelle, lieux d’enseignement), succèdent quatre ateliers dits «pools», disposés en enfilade et de taille identique. Ces espaces dévoués au travail, à l’exploration et à l’expérimentation, disposent d’un très bon éclairage zénithal grâce à une toiture, presque plane, constituée de modules-cassettes soit opaques soit transparents avec présence de brise-soleil. Cette structure couvre 5 000 m2 et, sa conception, permettant un éclairage différencié et modulable, est innovante. Chaque atelier, construit selon une architecture souple, est composé d’éléments modulables (cloisons, mezzanines) destinés à hiérarchiser l’espace intérieur et à le moduler en fonction des besoins. Une hiérarchie existe donc entre de grands espaces de travail et des petites entités de réflexion.
Autant la façade est constituée d’un mur plein en béton, s’opposant par sa frontalité au parking, aux boulevards et à la ville, autant la façade ouest s’ouvre sur une vallée en pente par des grandes portes en accordéon et par des parois de verre. Cette transparence et les vues sur un paysage « naturel », très préservé du monde extérieur, sont destinées à permettre l’inspiration et la création. A l’opposé, l’école devient une ligne de partage à l’est. La porte d’accès de l’école se trouve sur la façade nord, partiellement en béton et partiellement en verre et métal. Sur la droite, une structure ovoïde en béton abrite un grand amphithéâtre. L’organisation intérieure suit la topographie naturelle du terrain et détermine une logique fonctionnelle : les premiers espaces traversés par les étudiants, situés au nord et au niveau haut de l’édifice, sont dévolus aux fonctions publiques (entrée, accueil, bibliothèque, salles de cours, administration, amphithéâtre, cafétéria et expositions temporaires) ; au sud, l’architecture gagne en hauteur et est dédiée aux espaces de travail. Ces derniers sont ainsi situés dans des mezzanines. Des circulations secondaires relient perpendiculairement, par des passerelles aériennes situées dans des vides transversaux, l’axe central à la façade ouest donnant sur la nature. En outre, des escaliers intérieurs permettent de passer des zones basses de production aux zones hautes de réflexion.
La permanence de certains éléments contribue à donner un caractère unitaire au bâtiment : sol de la terrasse extérieure en lames de bois brut, main courante en chêne massif, tôles en acier des garde- corps, pare-soleil en fer, piliers porteurs en acier, gouttières en doublon face à ces piliers, etc. Le mobilier a aussi été développé pour ce bâtiment, en fonction de l’utilisation, fixe ou mobile. Tous les éléments sont en chêne massif non traité.

Le Label

Depuis 2003, l’école est devenue établissement public rattaché au ministère de la culture et de la communication sous le nom d’École nationale supérieure d’Art de Limoges-Aubusson.
Elle est labellisée Patrimoine du XXe siècle par arrêté du 25 mars 2002.
(Texte sous la direction de la DRAC Nouvelle-Aquitaine – CRMH – 2009/ Ministère de la Culture et de la Communication)

Nouveaux ateliers

Le mercredi 18 novembre 2020, M. Michel Menu, président du conseil d’administration, Mme Jeanne Gailhoustet, directrice, ont eu le plaisir de vous convier à l’inauguration virtuelle des nouveaux Ateliers volume/construction, céramique et décor.

 

 

Transformation

À l’origine, la plateforme extérieure de l’Ensa Limoges, désormais atelier volume/construction, était un grand auvent de 844 m² regardant le sud. Un mur mitoyen et une toiture la connectaient au bâtiment principal.
Il s’agissait d’un espace sous-exploité, sorte de grand bazar où étaient entreposés et stockés des matériaux (planches de bois, morceaux de métal, etc.), de vieux matériels en attente de mise au rebut et des travaux d’étudiants. Les activités pédagogiques y étaient soumises à la météo. Avec trois façades ouvertes et une hauteur sous plafond de plus de 10 mètres, il y faisait froid l’hiver, humide dès qu’il pleuvait, et le vent s’y engouffrait généreusement.
Depuis 2016, l’activité volume/construction s’est très largement développée, sous l’impulsion de nouveaux personnels pédagogiques et l’acquisition de matériels performants, notamment pour la transformation du bois et du métal.
En contrepartie de cette activité débordante, on subissait dans l’atelier et à proximité de très fortes nuisances sonores, et la production de poussières malsaines était particulièrement pénalisante pour l’activité céramique, qui jouxtait l’atelier volume/construction.
Dès 2017, il était donc devenu nécessaire de réfléchir à une solution qui aurait pour objectif de :
– Valoriser la plateforme extérieure tout en redéployant les activités pédagogiques de manière plus cohérente et fonctionnelle avec la concentration des ateliers au rez-de-jardin ;
– Pourvoir chaque atelier de son propre espace de travail, c’est-à-dire d’un espace dédié pour l’activité volume/construction et un autre espace spécifique pour l’activité céramique ;
– Redéployer l’atelier décor dans le même volume que l’atelier céramique, à proximité immédiate du pool porcelaine ;
– Remédier aux problématiques de manutention grâce au remplacement d’un pont roulant dangereux par une table élévatrice de grande capacité (plateau de 5,7 X 2,7 m et capacité de levage 5 tonnes ) ;
– Traiter les nuisances sonores en intégrant dans la construction des solutions acoustiques ;
– Installer un cyclofiltre pour aspirer les poussières de bois. Aujourd’hui, trois ans après le démarrage de l’opération, l’école se trouve dotée de formidables nouveaux outils.

Cette reconfiguration, qui touche non seulement l’activité volume/construction, mais aussi l’activité céramique/décor, lui ouvre de nouvelles perspectives et la propulse définitivement parmi les écoles d’art les plus attractives au niveau national par la richesse et la diversité de ses ateliers. Le projet aura nécessité neuf mois de travaux et aura coûté 1 212 000 € TTC toutes dépenses confondues.
Sébastien Bienaimé, responsable du service technique

Un nouvel atelier volume/construction

Il y a six ans, un seul technicien gérait l’espace volume/construction, trois jours par semaine. À lui seul il encadrait des activités simples liées à la céramique, au métal, au bois. L’arrivée d’un deuxième technicien a permis l’ouverture de l’atelier tous les jours de la semaine, du lundi au vendredi pour les cursus diplômants, le samedi pour les cours publics. Un premier investissement de l’école a alors permis de développer les activités de l’atelier grâce à l’achat de machines performantes pour le travail du bois et du métal.
Plus de machines, plus de production, plus d’étudiants au travail, et donc davantage de techniciens pour les encadrer, et développer de nouveaux champs pédagogiques. Les activités se sont densifiées, spécialisées, et peu à peu de nouveaux techniciens encore sont venus compléter l’équipe. Depuis septembre 2019 nous sommes cinq : deux en céramique et trois en volume bois/métal, pour répondre à la demande toujours grandissante.
Mais, parallèlement, ce plus de tout générait aussi plus de bruit, plus de poussière, et une incompatibilité entre certaines activités. Le volume sonore que produisait l’ancien atelier volume/construction, inscrit dans un pool céramique/bois-métal, avait des répercussions sur la pédagogie des uns et des autres, dans des espaces contraints par des circulations devenues exiguës, et un beau partage de poussière.
La construction de ce nouvel atelier était donc une nécessité. Cette expansion spatiale, utile et essentielle, permet aujourd’hui à l’Ensa d’accomplir ses missions pédagogiques dans d’excellentes conditions, tant pour la céramique que pour le volume bois/métal. L’encadrement et l’apprentissage de nos étudiants se fait à présent dans un espace technique et architectural exceptionnel.

Nous disposons d’un volume considérable, lumineux, intelligemment aménagé et ouvert par un immense rideau de verre sur l’extérieur. La fermeture de l’ancienne plateforme de stockage aura peut-être donné naissance au plus bel espace de l’école, et je me réjouis qu’il s’agisse d’un atelier.
Techniquement, outre l’installation de nouvelles machines, un véritable système d’aspiration, indispensable et salutaire, a été installé, et une partie bureau, un peu à l’écart, permet aujourd’hui de mener dans des conditions idéales les discussions préalables à tout travail pédagogique.
Jérémie Garry, responsable de l’atelier volume/construction

Un nouvel atelier céramique et décor

Le nouvel atelier volume/construction inauguré cette année à l’Ensa Limoges est un événement pour l’école. Il témoigne d’un investissement de l’établissement à l’égard de ses étudiants, et d’un véritable soutien à la qualité de leur travail.
Cet atelier favorisera la production de pièces impliquant une variété de matériaux et de traitements techniques, qui concernent tous les champs plastiques. C’est un espace utile, aussi bien aux peintres qu’aux sculpteurs ou aux performeurs.
C’est aussi une opportunité pour la céramique, véritable spécificité de l’Ensa Limoges, qui gagne les espaces qu’elle partageait jusqu’alors avec l’atelier volume/construction. Avec une surface de travail désormais doublée, qu’a rejointe le laboratoire de décor, la capacité des interventions se multiplie en céramique, et les équipements techniques s’agencent avec cohérence. Différents groupes de travail occupés par des projets qui concernent tous les niveaux du cursus se côtoient avec plus d’aisance dans ce nouvel espace.
Ouvert à des projets hétérogènes enrichis des qualités que lui offrent les autres médiums, l’atelier céramique s’associe largement au plateau technique du volume/construction à l’Ensa Limoges, et y contribue en y associant ses savoir-faire.
Nicolas Tourre, professeur volume céramique

PDF : PRÉSENTATION DES NOUVEAUX ATELIERS DE L’ENSA

Remerciements

La qualité architecturale proposée par l’ANMA (maîtrise d’œuvre – architecte) est indéniable et le projet parfaitement réalisé au regard des attentes de l’école et des résultats obtenus.

L’ensemble des partenaires qui ont également contribué à ce magnifique projet sont à féliciter :

Merci à vous tous pour votre implication dans le projet, votre savoir -faire et la qualité des échanges durant toute l’opération. 

ENSA LIMOGES | Campus de Vanteaux | 19, avenue Martin Luther King | B.P. 73824 | 87038 LIMOGES CEDEX 01 | 05 55 43 14 00

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