Photo : réalisation de Laure Bréaud dans le cadre de sa résidence d'artiste à l'ENSA Limoges

Laure Bréaud

« J’ai mis un enfant au monde il y a trois ans. À la première seconde de vie hors de moi de mon enfant, une contrac-tion sans objet, les organes aplatis par l’effort, et tout ce qui avait été lesté, m’ont fait me dire, au dedans des yeux de mon fils « Te voilà, mon amour, je t’ai mis au monde pour mourir. » Il n’y avait rien de religieux, et non plus rien de pathétique. J’étais au plus haut point de la vie, Je étais trois et trois était Tout. Beaucoup mieux qu’Atlas qui porte le monde. La vie, la conscience aiguë de la mort et la responsabilité de mes cuisses qui ont laissés sortir, la vie. Nous étions sans rien dire de nos sensations, parfaitement unis.

Toi accroché à mon sein, la bouche pleine tout endolorie, envahi d’air, comme un sac de fruits exotiques qui a fait dix fois le tour du monde, encore verts et pleins malgré les secousses.
 Toi, fantôme nécessaire et bien-aimant, 
Moi totalement prise et vide, en lévitation parmi les animaux sauvages et en état de reine mère. (…) »

Faut revenir à UnE.
 Faut que je grave, que je rentre dans.

Pas de gestes de surface pas de gestes de marin, des gestes de plongeur, une respiration de plongeur, obligé de respirer pour agir. Suivre bien plus obligatoirement l’élan, si je regrette, je peux me couper. Je me coupe, ah du sang qui va être bu par le noir. Si ça n’est pas trop glissant, j’essuierai mon outil dans un moment, mais là, je vais continuer. Tout ça, c’est pas comme ce blanc de papier.

La gravure est une étape pour faire le lien entre mon corps, ce récit oral et le dessin, l’écrit.
 Graver des stations de la création d’un monde, cela me semble censé.
 Le tranchant du trait gravé arrête et cadre mon regard, mon geste, et mon regard encore, une fois que le bois est imprimé. Même quand le sillon bave et que la matrice est abîmée, même là, c’est net comme un vieux vinyle. Ça n’envahit pas.

Dans la vidéo ci-après, Laure Bréaud nous explique son travail dans le cadre de sa résidence.

  

En savoir plus sur le travail de Laure Bréaud

Ci-après, quelques réalisations de Laure Bréaud dans le cadre de sa résidence d’artiste.

Laure Bréaud est en résidence d’artiste du 1er mars au 1er juillet 2019 à l’atelier édition-impressions de l’ENSA Limoges sur une invitation de Yves Chaudouët.

 

 

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