Photo : Travail de Lilas Rozé dans le cadre du workshop de Johan Muyle pour l'ARC CCE

ARC Céramique comme expérience

L’ARC en 2019-2020

L’atelier de recherche et de création La céramique comme expérience est à l’attention des étudiants en 3ème, 4ème et 5ème années.

Avec les étudiants : Jeanne Andrieu, Alizéa Coelier, Solenne Corradi, Amandine Deslandes, Gaël Forcet, Jean-Marc Montels, Marie Pic, Camille Reidt, Clara Rivault, Lilas Rozé.
Encadrement pédagogique : Michel Paysant, Arnaud Borde, Guy Meynard, Anne Xiradakis, Clorinde Coranotto, Ludovic Mallegol

Artiste intervenant : Johan Muyle, artiste et responsable de l’atelier sculpture – ENSAV La Cambre, Bruxelles.

Contenu

« Sometimes I looked at my hands and realized that I could have been a great pianist or something. But what have my hands done ? Scratched my balls, written checks, tied shoes, pushed toilet levers, etc. I have wasted my hands. And my mind. »
Charles Bukowski, Pulp, Black Sparrow Books, Santa Rosa, février 1994

Titre de l’ARC : Le dessin comme langage universel de la recherche et autres images de pensée

Depuis 2015, le laboratoire a pour axes de recherche les mondes numériques (nouvelle matérialité, nouveaux outils de prototypage, scanning, …).
Avec le dessin comme vecteur d’idées et comme langage commun à tous les inscrits, l’ARC a pour but de faire émerger et d’établir à partir de manipulations d’atelier un projet personnel pour chaque étudiant.
Le dessin sera « pensé » sous toutes ses formes : observation, structure, imagination, en mouvement, informatif, informatisé,  codé … et avec tous les outils et mediums possibles – pour apprendre à comprendre ses manipulations, à donner corps à ses idées et à problématiser son projet personnel pour l’inscrire dans une optique de recherche.

Méthode : « Problématiser en expérimentant »

Objectifs

  • Comment poser un questionnement au cœur de l’atelier
  • Comment mettre en œuvre ses intentions
  • Comment rendre compte de ses expérimentations
  • Comment transformer un questionnement en problématique
  • Comment mettre en place une méthodologie de recherche
  • Comment transmettre le fruit de ses recherches

L’ARC débutera par un workshop avec l’artiste Johan Muyle puis par une session de formation aux imprimantes 3D céramique et une étude des interrelations des logiciels 3D.
Les autres séances seront consacrées au développement des projets personnels suivant deux axes de réflexion liés au dessin et à la recherche.

HE STANDS IN AN IN-BETWEEN PLACE WHERE HE CAN BE SEEN

Lorsque nous explorons le monde nous distinguons, parmi les entités qui se présentent à nous, celles qui sont « naturelles », celles qui sont « humaines » et celles qui sont « cosmiques ». Cette catégorisation sommaire des éléments du décor mobilise des capacités sensorielles et des connaissances incorporées. Je perçois certaines images, certaines formes, certains sons,… et je sais les regrouper sous un seul nom ; les deux étapes étant en pratique indissociables et effectuées, pour l’essentiel, «de manière intuitive». L’opération débouche sur une reconnaissance tacite de l’ordre des choses et sa réactualisation permanente. Voir une montagne, une voiture, la lune c’est reconnaitre un droit d’appartenance d’une chose physique à une espèce socialement instituée et caractérisée par des propriétés décrites dans la culture populaire, les encyclopédies, les dictionnaires, et autres ressources pourvoyeuses de définitions.
Ce quasi-réflexe qui nous permet d’individuer les choses vues, de les ‘comprendre’ sous une classe d’appartenance munie d’un nom est le fruit d’une socialisation qui nous munit d’un sens commun, de « schèmes classificatoires » qui rendent possible une appréhension partagée du monde, apprendre à lier les bonnes choses aux bons mots c’est transmuer la vue (au sens biologique) en vision. La vision est cette combinaison de ce que l’œil perçoit et de ce que l’esprit en conclut. Dans cette jonction se loge une problématique de l’émancipation : le lien entre ce que nous percevons et ce que nous savons/croyons percevoir est-il indéfectible ?
La lecture poétique (une forme d’être au monde) du monde que permet l’art nous mène sur des chemins de traverse où la sérendipité est à l’œuvre et où la capacité à activer des métaphores bouleverse le signifiant du décor que nous tenions pour acquis. Si l’œuvre s’élabore dans l’atelier, donner à voir l’œuvre c’est se donner à voir dans le sens où nous donnons à voir notre regard singulier du monde à un moment donné à un endroit donné : I’M STANDING IN AN IN-BETWEEN PLACE WHERE I CAN BE SEEN car l’œuvre ne prend toute sa raison d’être que dès le moment où elle prend place dans le regard de l’autre.

Les objectifs de ce projet sont multiples à l’instar d’une activité artistique professionnelle. L’étudiant(e) sera placé dans un cadre de réflexion et de travail qui abordera toutes les questions de la monstration et de la médiation de l’œuvre : le pourquoi et le comment d’une exposition et le concept de celle-ci, le choix du titre, le choix des œuvres à présenter, le dialogue des œuvres entre-elles, la manipulation et le transport d’œuvres, les problématiques d’accrochage, la rédaction d’un communiqué de presse, le compte-rendu photographique de l’exposition, la conception et la réalisation d’un journal/Fanzine/catalogue PDF/blog qui reprendra les différents aspect du projet, le gardiennage et le rapport au public.

Outre la dimension cognitive du projet (Donner à voir et Exister au travers des regards des autres) et philosophique (la vertu de l’« entre »), cette exposition « croisée » aura pour objectif la création, la monstration et la diffusion d’objets nouveaux et contextualisés, entre atelier et laboratoire, dans leurs espaces de conception et de production.

SCÉNOGRAPHIER UNE EXPÉRIENCE CROISÉE ET EXPOSER LA RECHERCHE

Inspirée des écrits de John Dewey, l’expérience sera ici le fruit de ‘rencontres’ plus que de projets théoriques pré-programmés – laissant une grande place à l’intuition et à notre capacité « d’improviser ».
Parler de scénographie d’exposition, c’est certes parler de la conception spatiale d’une exposition, de la scène –et donc de l’espace – mais aussi d’ « écriture » (la –graphie).
Écrire l’acte de produire une exposition en tant que production culturelle qui extrapole, qui élargit, qui excède ce qui est exposé.
Exposer, c’est « donner à voir » dans l’espace en disposant des choses pour faire « comprendre » – c’est à dire à la fois, en saisir le sens mais aussi à les replacer dans un ensemble qui permette de mieux les appréhender – d’une manière intellectuelle et avant tout sensible.

Dans ce projet, la démarche expo-sitive du laboratoire permettra de restituer, questionner, augmenter les résultats des recherches individuelle et collective. La double exposition sera abordée ici comme un dispositif de restitution de l’espace de travail, des outils, des savoirs faire, des processus de conception et de mise en œuvre des objets. Mais ce sera plus encore : la scénographie de l’objet intègre naturellement la mise en scène des références, des ressources documentaires, du paysage iconographique exploré, des textes fondateurs d’une pensée, avec de la lumière, du son, des manipulations concrètes. Toutes les capacités du médium exposition seront activées pour en faire une expérience intellectuelle et sensorielle, composant un puissant activateur d’imaginaire.

PART 1) Lieu : ENSA LIMOGES – École nationale supérieure d’art

Accrochage et médiation de travaux d’étudiants de Bruxelles et de Limoges.

Workshop du 03 au 10 novembre 2019 /// Exposition du 8 novembre au 15 novembre 2019 dans les Galeries 1 et 2 de l’ENSA Limoges.

Organisée dans le cadre de l’ARC CCE (Céramique Comme Expérience), cette exposition est le premier volet d’une expérience croisée entre des étudiants du Master de l’atelier sculpture de l’École de La Cambre de Bruxelles et des étudiants et post-diplôme CCE de l’ENSA Limoges.
Une entreprise collective, poétique et solidaire où il s’agit avant tout d’activer les imaginaires, de multiplier les points de vue, de dérouter – en additionnant les regards singuliers que chacun peut porter sur le monde.
Le second volet aura lieu à Bruxelles en mars prochain.

Artiste invité: Johan MUYLE

Avec le Post-diplôme CCE et les étudiants : Jeanne ANDRIEUX, Eva de CHABANEIX, Alizea COELIER, Solène CORRADI, Amandine DESLANDES,  Mathilde DUMONT, Pauline FRANÇOIS, Charlotte LAVANDIER, Yadi LEI, Ethel LILIENFELD, Morgan MAHY, Jean-Marc MONTELS, Marie PIC, Camille REIDT, Clara RIVAULT, Lilas ROZE, Sarah ZERGUINE.

Ci-dessous une vidéo présente l’exposition avec une séquence photo et des performances :

  

PART 2) Lieu : ENSAV LA CAMBRE – École nationale supérieure des arts visuels

Accrochage et médiation de travaux d’étudiants de Bruxelles et de Limoges.

Workshop du 16 au 20 mars 2020 /// Exposition dans la Projectroom et dans la salle master de sculpture

 

 

L’ARC en 2018-2019 

WORKSHOP AVEC JOHAN MUYLE et ÉRIC FABRE

Du 23 au 26 octobre 2018 , l’ENSA a accueilli Johan MUYLE, artiste et responsable de l’atelier sculpture à l’École nationale supérieure des arts visuels La Cambre  et le collectionneur Éric FABRE, Garage Cosmos,  pour un workshop dans le cadre de l’Atelier de recherche et de création La céramique comme expérience – ARC CCE.

Une exposition des travaux menés pendant ce workshop a été présentée jusqu’au 30 octobre 2018 dans la galerie 1 de l’ENSA Limoges.

Avec les étudiants : Alizéa Coelier, Basil Träsh, Chiara Bonato, Cindy Yan, Jean Ramon, Laure Giraudaud, Lilas Rozé, Romain Jamet, Salma Rhallaf, Yeonha Shin et Yunman Zhang.
Encadrement pédagogique : Michel Paysant, Arnaud Borde et Guy Meynard.


La roue en mouvement présentée dans cette vidéo est un travail de Jean Ramon « Errance ».

 

ENSA LIMOGES | Campus de Vanteaux | 19, avenue Martin Luther King | B.P. 73824 | 87038 LIMOGES CEDEX 01 | 05 55 43 14 00

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