Dessin de Delphine Gigoux-Martin, Grues en plein vol

Appel à candidatures du post-diplôme Kaolin

Au regard de la situation actuelle, veuillez prendre connaissance des nouvelles dispositions.

ART ET DESIGN EN CÉRAMIQUE CONTEMPORAINE

L’École nationale supérieure d’art de Limoges développe un post diplôme « art et design en céramique contemporaine ».
Cette formation de haut niveau s’inscrit dans le contexte international de globalisation des échanges artistiques et d’inter culturalité entre l’Europe et l’Asie, à travers deux lieux de production majeurs de la porcelaine que sont Limoges et Jingdezhen (Chine).

Promotion 2020-2021 : sous la direction de Delphine Gigoux-Martin, artiste et professeur à l’ENSA Limoges, accompagné de Guy Meynard, enseignant design céramique à l’ENSA Limoges, ce post diplôme est ouvert, sur concours, à 5 créateurs maximum, de niveau DNSEP, master II, ou équivalence professionnelle.

Delphine Gigoux-Martin

Née en 1972, Delphine Gigoux-Martin est artiste, elle vit en Auvergne et est professeur à l’ENSA Limoges depuis 4 ans. Ses œuvres figurent dans plusieurs collections privées et publiques et elle a bénéficié d’un grand nombre d’expositions monographiques et collectives en France et à l’étranger. Pour cette année 2019-20 elle réalise une commande publique au barrage de Saint-Etienne Cantalès.

Elle est représentée par la Galerie Claire Gastaud.

Les mondes de Delphine Gigoux-Martin sont des espaces intermédiaires, des seuils, des passages, entre les différents niveaux d’organisation et de perception du monde, entre le rêve et la réalité, l’esprit et la matière, la nature et la culture, le monde des vivants et celui des morts. Son travail d’artiste a toujours été influencé par la nature et la culture et plus précisément le rapport entre humanité et naturalité. Elle conçoit ses œuvres et expositions à travers plusieurs techniques de représentation : sculpture, dessin, installations, vidéo, etc. pour questionner le monde et le sens que l’on lui donne en ouvrant le champ des dialogues.

Dans ses œuvres, le réel se mêle au mythe, à l’abstrait, à l’imaginaire pour que chacun puisse interpréter, se questionner.
La confrontation entre des forces opposées est une source d’inspiration constante pour l’artiste.

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PROJET KAOLIN : CERF-VOLANT, EXOTISME ET VOYAGE SENTIMENTAL

L’école Nationale Supérieure d’Art de Limoges est indéniablement implantée dans son territoire. Dotée d’importants ateliers céramiques et plus particulièrement de porcelaine, l’école s’ancre dans la tradition porcelainière de la ville, qui a bénéficié de l’existence de carrières de Kaolin dans la région, découvertes au XVIIIe siècle. À l’ENSA, les savoirs faire aux gestes précis et rythmés s’assument et se confrontent aux nouvelles technologies. Les pratiques se partagent sur un territoire porté par des entreprises de pointe et de recherche. La porosité des connaissances et de la recherche de l’ENSA dans ses différents ateliers et cours (mais aussi journées d’études, conférences, laboratoire de recherche « La Céramique comme Expérience »), ainsi qu’avec les mondes industriels et intellectuels extérieurs offre les contextes d’un travail de qualité pour les étudiants artistes et designers. Les champs artistiques divers développés au sein de l’école (ARCs – Ateliers de Recherche et de Création, Laboratoire, etc.) portent les questions de la recherche future et de la création de demain. C’est dans ce cadre de compétences théoriques, pratiques et expérimentales que je souhaite porter le projet kaolin 2020 : Cerf-volant, exotisme et voyage sentimental1. 

Étant donné ce contexte favorable et confortable du site de l’ENSA, nous pourrions nous poser la question suivante, quelque peu subversive quoiqu’elle soit logique : mais alors que va-t-on voir, dire et faire en Chine dans les ateliers de Jindgezhen ? Qu’est-ce qui nous porte à concevoir, à vouloir ce déplacement ? Quelles motivations pouvons-nous trouver à aller dans ce pays, malgré toutes les contraintes qu’un tel voyage impose toujours aujourd’hui ? Est-ce parce que l’évocation seule de son nom émerveille encore ? Est-ce une affaire d’exotisme ? En un sens oui.

Il s’agirait de redonner au voyage en Chine, dans les ateliers de Jindgezhen, toute l’amplitude romanesque qu’il peut contenir, où l’enquête sur l’inconnu l’emporte sur la reconnaissance d’une filiation, sur la confirmation du déjà vu et du déjà su. En faire un voyage où l’on cherche, où l’on avance les yeux bien ouvert2. Un voyage dont l’exotisme serait donc à prendre, non pas comme un ensemble de clichés, issus de notre rapport historique à ce pays, mais, selon les termes de Victor Segalen, comme un état de sensibilité permettant au contraire de « percevoir le divers »3. L’expédition produisant alors un dédoublement de soi comme spectateur et comme acteur. Le voyage permettant de tisser des liens -entre et avec- les éléments, la nature, les personnes, les lieux, les sensations, les connaissances, les incertitudes, les techniques traditionnelles et innovantes… L’état de porosité et de curiosité dans la capacité de reconnaître des indices subtils de l’environnement, nous permettra de réagir à ceux-ci avec discernement et précision4. Tout cela convoquera l’imaginaire tant convoité, qui bousculera les images que nous avons toutes faites, pour en produire d’autres, tout comme il bousculera aussi nos pratiques.

L’expédition en elle-même, le voyage avec la découverte de nouveaux sites et rites, les ateliers, les expositions à venir, les rencontres, les observations, les lectures, seront les expériences indispensables qui montrent les choses, et montrer quelque chose à quelqu’un, c’est amener cette chose à être vue ou expérimentée par cette personne3. Ainsi, comme l’exprime le poète Yves Bonnefoy, le rêve serait donc « de vivre dans l’intensité d’un lieu particulier, d’un moment précis » en lieu et place de l’ailleurs naguère convoité.

Mais de cela, au retour, il nous faudra encore être capable de « dire » pour mettre le voyage en « histoire »4.

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  1. Laurence Sterne « Le voyage sentimental »
  2. Julien Gracq « Les yeux bien ouverts » entretien radiophonique
  3. Victor Segalen « Essai sur l’’exotisme »
  4. Tim Ingold « Faire, les 4 A », « Marcher avec les dragons »

UN VOYAGE À L’ENVERS

. le départ

Le voyage est une activité que l’on prépare car il faut en saisir le privilège. C’est aussi le temps du rêve et du fantasme, celui qui permet de se projeter. Celui où l’on fait ses bagages…Ce premier temps très court sera essentiellement mis à profit sur le site de Limoges pour des visites de différents sites porcelainiers ainsi que des stages « initiation » ou « pratique renforcée » dans les ateliers de l’ENSA. (ateliers et décor peint).

Cette présence du groupe constitué, sur le site permettra aussi des rencontres avec les différents ateliers – hors céramique- mais qui constituent un corps technique de compétence et d’offres importantes (atelier volume, édition, labo). Il sera mis à profit aussi les échanges possibles avec des enseignants dans le champ théorique en vu de la préparation d’un colloque au printemps 2021 et des ARCs (Atelier de Recherche et Création). Cela permettrait, au retour du voyage en Chine, des échanges possibles dans les différents Ateliers de Recherches, avec une participation réfléchie en amont avec les porteurs de projet. Ainsi il peut s’envisager une intégration du groupe Kaolin dans des projets de l’école et le groupe peut être aussi force de proposition pour certains ateliers de recherche et de création.

. en Chine ou « l’Usage du monde »

Comme l’exprime donc le poète Yves Bonnefoy, le rêve serait « de vivre dans l’intensité d’un lieu particulier, d’un moment précis » en lieu et place de l’ailleurs naguère convoité.

Nous voilà sur place, en place même ! Les 3 mois sur site seront bien sûr dans les ateliers de Jindgezhen une mise en perspective de regards et connaissances pour une pratique de l’atelier forte. Certes. Mais de mes 2 expériences précédentes en Chine, je garde surtout l’impression de perdre à mon insu mes certitudes et que celles-ci alors, pour reprendre Victor Segalen, m’ouvrent à cet « exotisme dans l’art subtil d’accéder à l’autre » et de construire ce « bréviaire de la différence ». D’autres perceptions, d’autres mondes sont possibles. Paradoxalement pour un artiste, un designer, c’est l’élargissement créatif dans une absolue liberté.

En parallèle du travail en atelier : visites, randonnées, excursions et rencontres dans le district du Jiangxi, région rurale très préservée aux sites remarquables.

Le lac d’eau douce de Poyang, les villages traditionnels au style Huizhou, les montagnes jaunes Huanshan, et les monts Longhu et Sanqinshan. Le rapport entre la nature et la peinture chinoise. L’importance du fleuve Yangzi Jiang. La représentation et l’image mentale. Les idéogrammes, leur dichotomie et la calligraphie… la poésie, le lien entre littérature et peinture…

. le retour « le voyage sentimental » ou aller en France

C’est lors d’un voyage retour que Victor Segalen projette d’écrire sur l’exotisme et déjoue les points de vue européocentriste en soutenant que l’exotisme essentiel « est celui de l’objet pour le sujet ». L’ambivalence des choses. Comment être capable de mettre les mondes en histoire ? de les « dire » et de les mettre en forme ? Comment mettre dans des perspectives artistiques ce que l’on a vu, perçu, vécu ou peut-être juste cru ?

Comment restituer le voyage et ses expériences ? celles de l’atelier et de la vie quotidienne au travail… Comment raconter une histoire, une aventure, un travail ?  Tout l’enjeu du retour se placera précisément dans cette problématique. Laurence Sterne dans le voyage sentimental aborde ces questions à travers l’écriture du roman et les décalages opérés. Que faire de l’impression du voyage ? Comment être capable de s’en faire l’écho ? de passer du banal à l’insolite, de l’ordinaire à l’émerveillement ? Comment transformer l’expérience en des pulsions créatrices porteuses de sens et de formes ? Comment replacer la question de la porcelaine au sein de l’expérience plastique ?

. Les outils de travail du retour : (projet en cours de construction)

  • À l’ENSA : Collaboration avec les différents Ateliers de l’école techniques et de Recherche. Travail en atelier au sein de l’école et / ou des entreprises locales.
  • Colloque ou Journées d’Études.
  • Voyages d’études à Paris et rencontres.
  • Et penser une restitution sous la forme de :
    – Expositions sur différents sites : Musée des Arts et Métiers à Paris, Maison de Victor Hugo à Paris, Musée d’Histoires Naturelles de La Rochelle, Centre d’Art La Cuisine à Négrepelisse, …
    – Des rencontres, conférences : Tim Ingold, Sylvain Tesson, Nadine Gomez, Kristine Kontler, …

. Bibliographie . sélection

  • Nicolas Bouvier « L’usage du monde » La découverte, Poche, 2014
  • Kristine Kontler «  l’art chinois, une histoire culturelle » CNRS Editions, 2016
  • Maurice Merleau-Ponty « Le visible et l’invisible suivi de Notes de travail » collectiontel, Gallimard, 2016
  • Laurence Sterne « Le voyage sentimental » Flammarion, 1993
  • Sylvain Tesson « La panthère des neiges » nrf, Gallimard, 2019
  • Léon Vandermeersch « Ce que la Chine nous apprend sur le langage, la société, l’existence » nrf, Gallimard, 2019

. Revues et catalogues  . sélection

  • Julien Gracq dans « Farouche à 4 feuilles », les Cahiers Rouges, Grasset, 2009
  • Revue 18è siècle, n°22 « Voyager, explorer » puf, 1990
  • Sous la direction de Romain Bertrand « L’exploration du monde, une autre histoire des grandes découvertes » Seuil, 2019
  • Les Carnets du paysage n° 16 « Bout du monde » Actes Sud et l’Ecole Nationale Supérieure du Paysage, 2008
  • Catalogue des expositions « Voyage sentimental », Lienart, 2012

Programme 2020-2021

Au regard de l’actualité, ce programme peut-être modifié.

Limoges 2020 -2021 :

  • Découverte des moyens techniques et humains offerts par l’ENSA et appréhension des différents aspects culturels, scientifiques et techniques de la production porcelainière à Limoges et dans la région Nouvelle-Aquitaine (date et durée à définir),
  • Élaboration et mise en place des projets de recherche en lien avec les manufactures et les réseaux artistiques et professionnels de l’ENSA,
  • Résidence en atelier,
  • Restitution de la recherche : colloque, expositions, conférence et publication.

Jingdezhen (Chine) : dates à définir, ce voyage est reporté en 2021 (en fonction de l’évolution de la situation)
Résidence au sein du Studio de recherche et de création de l’ENSA à Jingdezhen : découverte des savoirs et savoir faire locaux et rencontre avec les différents acteurs du secteur industriel et artisanal.

CONDITIONS POUR INTÉGRER LE POST-DIPLÔME 

CANDIDATURE

La procédure de sélection est ouverte à l’international. Elle est impérativement liée à un engagement de disponibilité pour suivre l’intégralité du cursus sans dérogation possible.
Les langues requises sont l’anglais et le français. 
Les postulants doivent en avoir une connaissance suffisante, les échanges se faisant dans les deux langues.

SÉLECTION

Le recrutement se déroule en deux phases : admissibilité sur dossier et admission sur entretien personnel.

CALENDRIER

  • 30 juin 2020 : date limite de dépôt des candidatures à adresser par message électronique (coordonnées à disposition sur le dossier d’inscription),
  • septembre 2020 (la date vous sera précisée en juillet 2020) : sélection, entretien avec les candidats présélectionnés,
    À l’issu des entretiens, les candidats sélectionnés prendront connaissance des infrastructures de l’école et seront invités à une soirée avec l’artiste invité pour l’élaboration du programme de recherche.

ALLOCATION DE RECHERCHE

Durant la promotion du post-diplôme l’ENSA prend en charge le voyage et le séjour à Jingdezhen et les frais de production et de diffusion des projets.

STATUT

Le post diplôme de l’ENSA Limoges est un programme indépendant du système universitaire : ce n’est pas une formation diplômante. Une attestation de participation et d’assiduité est délivrée aux participants.

CONDITIONS D’ADMISSION

Les candidats doivent être titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur ou faire valoir d’une expérience professionnelle avérée.

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Pour toute question complémentaire, contacter Karine Archer au moyen du formulaire de contact ici à disposition ou par téléphone au +33 (0)5 55 43 14 39


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